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Revue de presse

 

2004 - Juin

Les sourires de foetus "avortables" troublent la Grande Bretagne

« Des images in utero montrant notamment des fœtus ayant le réflexe de la marche, croisant leurs mains ou souriant, ont été publiées par la plupart des journaux britanniques mardi, accompagnées d'interrogations sur l'opportunité de nouvelles lois sur l'avortement. La publication des clichés du professeur Stuart Campbell, semblables à d'autres vues disponibles depuis plusieurs années, a notamment ravivé le débat sur le délai-limite pour pratiquer une IVG, qui est de 24 semaines sous certaines conditions au Royaume-Uni. M. Campbell a lui-même a avoué son trouble, mais refuse de prendre parti. Le Pr Campbell, ancien chef du service d'obstétrique dans un hôpital universitaire, a fondé depuis la clinique privée Create, consacrée à la procréation. Ses échographies aux teintes orangées ont été effectuées en 3D-4D, une technique existant depuis 2001. "3D" signifie que la photo montre les trois dimensions. Le "4D" y ajoute l'animation vidéo qui permet d'étudier les mouvements de l'embryon en temps réel. Les premiers clichés publiés par la presse montrent un fœtus de 12 semaines s'étirant et donnant des coups de pieds, dans une espèce de mime de la marche. Un autre, âgé de 14 à 15 semaines, suce son pouce et bâille, puis ouvre les yeux à 18 semaines. Un dernier embryon sourit, 22 semaines après sa conception. Ces attitudes, complètement inattendues pour qui les découvre pour la première fois, paraissent témoigner de l'humanité précoce des fœtus. "Je ne peux bien sûr pas dire ce qu'il y a derrière le sourire, avait prudemment déclaré Stuart Campbell à la BBC en 2003, mais je pense que cela peut être une indication de contentement dans un environnement sans stress". A contrario, le médecin attribuait alors le fait que les bébés ne sourient que vers leur sixième semaine de vie à des premiers jours "assez traumatisants". "Quand je vois un fœtus sourire, je me dis que c'est un peu tard pour avorter", dit aujourd'hui le Pr Campbell, qui rappelle qu'il n'est pas opposé à l'IVG et suggère au législateur "un débat détaillé". Ces images "prises bien avant la limite (du délai légal) vont susciter le malaise chez beaucoup de gens", écrit le quotidien du soir Evening Standard, qui s'attend à ce que "les groupes de pression anti-avortement s'en servent pour demander l'abaissement" du délai légal. "Les femmes ne demandent pas à avorter par ignorance du développement fœtal", a estimé en revanche Ann Furedi, responsable des mouvements de planning familial. Mme Furedi, citée par le journal populaire à grand tirage Daily Mail, a plaidé pour que "l'accès des femmes à l'avortement soit défendu par le droit et dans la pratique". L'avortement est légal en Grande-Bretagne jusqu'à la 24e semaine après les dernières règles (aménorrhée), sur l'indication de deux médecins. Toutefois, les chiffres du ministère de la Santé montrent que, sur 175.000 interruptions volontaires de grossesse en 2002, seules 13.000 sont intervenues après la 14e semaine d'aménorrhée. Par comparaison, le délai est de 14 semaines en Allemagne et en France et de 90 jours en Italie. Mais dans ces pays, la femme décide seule de subir une IVG. "Nous avons été très heureux de voir ces photos, nous avons toujours cru dans l'humanité de l'enfant à naître", a déclaré à l'AFP Josephine Quintavalle, du mouvement anti-avortement ProLife. Mais l'enthousiasme de Mme Quintavalle est mesuré. Car si les images 3D-4D "aident la cause", le procédé viserait d'abord, selon elle, à "trouver le bébé handicapé et le détruire". L'amélioration de l'imagerie, assure-t-elle, permet de "découvrir les moindres +défauts+ chez le bébé" et rend les parents "de plus en plus obsédés par la perfection". » 29 juin (AFP)

IVG médicamenteuse hors de l’hôpital : le décret est signé

« Le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, a annoncé mardi avoir signé "le 16 juin" un décret d'application d'une loi de 2001 sur l'interruption volontaire de grossesse médicamenteuse en ville, qui sera publié au journal officiel "dans quelques jours". (…) La Coordination des associations pour le droit à l'avortement (Cadac) et le Mouvement français du planning familial (MNPF), reçus au ministère de la Santé le 14 juin, se déclaraient dans un communiqué "satisfaits d'avoir obtenu l'engagement de la sortie début juillet 2004 des arrêtés d'application de la loi du 4 juillet 2001" sur l'IVG médicamenteuse. Prévue par la loi du du 4 juillet 2001, qui allonge le délai de recours à l'avortement (de la 10e à la 12e semaine de grossesse), l'IVG médicamenteuse peut se pratiquer par un médicament, la Mifégine, chez un médecin ayant passé une convention avec un hôpital public ou privé, explique la Cadac. La Cadac et le MNPF ont rappelé qu'il avait "fallu la mobilisation des associations, des professionnels des centres d'interruption de grossesse, et l'intervention de parlementaires à l'Assemblée et au Sénat, pour que l'IVG médicamenteuse soit enfin possible en ville, trois ans après l'adoption de la loi". La Cadac et la MNPF, comme l'association nationale des centres d'interruption de grossesse et de contraception (Ancic), ont annoncé aussi "la revalorisation des forfaits IVG en établissements de soins, de l'ordre de 30%", après leur rencontre au ministère de la Santé. Il s'agit "d'une avancée encore insuffisante, mais nous avons obtenu l'engagement du cabinet de monsieur Douste-Blazy à refaire le point en septembre prochain", selon les trois associations. » 22 juin (AFP)

La pilule du lendemain n’aurait pas fait baisser l’avortement des jeunes

« 7,5% des filles de 15 à 25 ans déclarent avoir subi une IVG (10,4% chez les 23 – 25 ans et 5,9% chez les plus jeunes) et 13,9 % ont eu l’occasion d’utiliser la pilule du lendemain. Pour Philippe Lamoureux, directeur général de l’Institut national de prévention et d’éducation à la santé (INPES), ce recours « important » à la contraception d’urgence est « préoccupant ». « La pilule du lendemain ne doit pas devenir un produit de confort qui permettrait de faire l’économie d’un vrai contraceptif » estime-t-il. (…) Selon une enquête du ministère de l’éducation nationale, 15 171 élèves ont demandé la pilule du lendemain au cours de l’année 2001-2002 et 5 826 l’ont obtenue. A l’heure actuelle, aucune étude n’a encore évalué l’impact du recours à la contraception d’urgence sur le nombre d’IVG. S’il est constaté une diminution du nombre d’IVG chez les jeunes filles, on pourra affirmer que la pilule du lendemain est utilisée à bon escient, c’est à dire de manière exceptionnelle. Dans le cas contraire, il faudra en conclure que cette pilule est utilisée comme un moyen contraceptif régulier, ce que tous les professionnels souhaitent éviter. » 16 juin (Le Monde)

Premier bilan du centre d’aide aux nés sous X

« Le Centre national d’accès aux origines personnelles (CNAOP) installé en octobre 2002 après un débat passionné entre partisans et défenseurs de l’accouchement sous X, a rendu son premier rapport d’activité. (…) On estime que le nombre de personnes potentiellement concernées est de quelque 400 000. (…) Parmi les 155 dossiers définitivement aboutis, on dénombre 28 désistements du demandeur, 44 cas où l’identité de la mère a été révélée après son décès, 58 où le nom de la mère a été transmis sans problème parce que, en réalité, l’accouchement n’avait pas eu lieu sous X et 25 où le secret a été levé par la mère, donnant lieu à retrouvaille. (…) En 2003, on a dénombré 550 à 600 accouchements secrets, soit autant que les années antérieures. Le rapport insiste par ailleurs sur la nécessité d’améliorer l’accueil des femmes dans les maternités. Si le nombre de mères informées des conséquences du secret et encouragées à laisser un pli fermé contenant leur identité est passé de 75 à 80 %, les pratiques restent très inégales. » 29 juin (Le Figaro)

On prescrit trop vite des traitements contre la stérilité

« Pressées d'avoir un enfant au moment voulu, des femmes se verraient prescrire trop vite un médicament favorisant l'ovulation sans attendre un délai minimal d'un an, voire deux ans, pour qu'un bébé s'annonce, selon une étude présentée jeudi par l'assurance maladie. Un tel traitement est "loin d'être anodin, en raison du grand risque que représentent les grossesses multiples", prévient le Pr Hubert Allemand, médecin conseil de la Caisse nationale d'assurance maladie. Les conséquences sont néfastes pour les enfants qui risquent de naître prématurés" et de voir ainsi leur avenir hypothéqué, met-il en garde. Pour les femmes prenant du citrate de clomifène, un inducteur d'ovulation largement prescrit, le taux de grossesses multiples varie de 2 à 17%, avaient affirmé en avril les experts de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) en rappelant les règles de prescription. Dans cette "société où tout doit aller vite, y compris la conception", on utilise un "médicament pour satisfaire rapidement ce désir", regrette le Pr Allemand, rappelant que, "si on attend deux ans, 75% des enfants naissent spontanément". Plus de 58% des femmes ont pris ce médicament sans avoir tenté de concevoir un enfant de façon naturelle pendant au moins deux ans, délai requis pour diagnostiquer une infertilité, selon l'étude réalisée auprès de 728 patientes de la région Midi-Pyrénées. 23% des femmes n'ont même pas attendu douze mois avant de prendre du citrate de clomifène, qui peut être prescrit par tout médecin quelle que soit sa spécialité, contrairement aux autres médicaments favorisant l'ovulation. Les gynécologues insistent sur "l'impatience des patientes". La contraception a donné aux femmes le sentiment de contrôle sur le corps et l'idée que la grossesse doit survenir dès l'arrêt de la pilule, analyse le sociologue Jean-Marc Salmon. Informées des techniques médicales, les femmes seraient ignorantes du fonctionnement de leur corps et des règles de la reproduction : période de fécondité durant un cycle, fréquence des rapports sexuels, délai pour aboutir à une grossesse. Comme si elles n'avaient retenu des cours sur la reproduction durant leur scolarité que les "informations utiles pour éviter une grossesse", ajoute-t-il. Certaines patientes consultent après seulement trois mois d'essais et s'étonnent que le délai normal pour être enceinte soit de six à douze mois, relèvent plusieurs médecins. Le désir de conjuguer carrière professionnelle et maternité conduirait à programmer l'enfant dans une "fenêtre" de temps appropriée. La mobilité professionnelle, qui impose à certains couples de ne se voir que le week-end, rendrait aussi plus difficile l'arrivée de bébé, du fait de rapports sexuels trop rares. Les gynécologues, qui invoquent la pression des patientes, prescrivent trop vite le citrate de clomifène, sans faire au préalable le bilan hormonal requis. Près de 7% des patientes n'ont eu aucun examen et seulement 30% un dosage hormonal de base. La perméabilité des trompes n'a été vérifiée que chez un tiers des femmes pour s'assurer de l'absence d'obstacle au passage de l'ovule (entre l'ovaire et l'utérus). L'analyse en laboratoire des spermatozoïdes pour vérifier si l'infertilité est d'origine masculine n'a été réalisée que sur 37,5% des conjoints. L'étude montre également un suivi insuffisant des patientes : 31% n'ont pas de surveillance clinique, la prescription est faite sans vérifier si l'ovulation a lieu et s'il y a risque de grossesse multiple. » 17 juin 2004 (AFP)

Un livre sur le deuil périnatal

« La mort d’un enfant à naître ou à la naissance est toujours éprouvante pour ses parents et se heurte encore à des inadaptations juridiques, sociales et médicales. Comment faire son deuil d’un enfant qui n’a pas existé ? Comment se dire « parent » d’un enfant sans nom ? Comment renaître et redonner la vie ? (…) A travers quatre rencontres de pères et de mères, touchées par cette épreuve, le lecteur professionnel ou parent découvrira quelques clés de cet accompagnement nécessaire pour restaurer le sentiment de parentalité et « transformer la souffrance en nouvel élan de vie » »
23 juin (La Croix à propos du livre de Chantal Haussaire-Niquet : « Le deuil périnatal, le vivre et l’accompagner » édition Le Souffle d’Or)

Grossesses difficiles, avortement et violences sexuelles dans le monde

« Plus d'un demi-million de femmes meurent chaque année dans le monde des suites d'une grossesse ou d'un accouchement, largement du fait de l'absence de suivi médical dans les pays pauvres, a déploré une responsable du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA). (…) Environ 13% des décès sont liés à des avortements pratiqués dans des conditions malsaines, même dans les pays où l'interruption de grossesse est légalisée. Sur 46 millions d'avortements pratiqués chaque année dans le monde, près de 20 millions le sont dans de mauvaises conditions. Depuis la conférence du Caire, l'accès aux moyens contraceptifs s'est élargi dans le monde, mais en 2000, 123 millions de femmes n'avaient toujours pas accès à des moyens contraceptifs sûrs et efficaces, a souligné de son côté Thoraya Ahmed Obaid, la directrice exécutive de l'UNFPA. Quant à la violence sexuelle, elle frappe dans certains pays près d'une femme sur quatre, qu'elle soit mariée ou non, et près d'une femme sur trois affirme avoir subi un premier rapport sexuel forcé. » 22 juin (AFP)

 

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