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Revue de presse
2004 - Mars
Le parlement portugais refuse la dépénalisation de l’avortement « Le parlement portugais a rejeté mercredi tout assouplissement de la législation sur l'avortement, l'une des plus restrictives d'Europe, ainsi que l'organisation d'un nouveau référendum. (…) Au terme d'un débat houleux, la majorité parlementaire s'est contentée d'adopter une résolution misant sur la prévention des avortements et demandant notamment au gouvernement de généraliser les cours d'éducation sexuelle à l'école. (…) Partisans et opposants à un assouplissement de la législation se sont mobilisés au cours des derniers mois. Une pétition réclamant l'organisation d'un référendum sur une dépénalisation partielle des avortements pratiqués jusqu'à la 10ème semaine de grossesse a recueilli plus de 120.000 signatures. Mais le mouvement "Plus de vie, davantage de famille", hostile à une libéralisation de l'avortement, a annoncé avoir recueilli plus de 190.000 signatures. La principale formation politique au pouvoir, le Parti social démocrate (PSD, centre droit), bien que divisée sur la question de l'avortement, a respecté une discipline de vote et a voté en bloc contre tous les projets. (…) Le PSD ne veut pas remettre en cause la législation ni organiser de nouveau un référendum avant la fin de la législature en 2006 afin de respecter le pacte gouvernemental conclu avec le Parti Populaire (CDS/PP, droite), hostile à tout assouplissement. Le président du groupe parlementaire PSD Guilherme Silva a ainsi estimé qu'un délai minimum de huit ans devait s'écouler entre deux référendums. En 1998, les Portugais avaient rejeté à 50,9% une proposition de dépénalisation de l'avortement jusqu'à 10 semaines de grossesse, lors d'une consultation populaire marquée par une faible participation (32%). » 3 mars (AFP) « Un projet de loi américain considère le fœtus comme une personne » « La Chambre des représentants des Etats-Unis, à majorité républicaine, a adopté jeudi un projet de loi intitulé "Loi sur les victimes d’actes de violence pas encore nées", faisant d’une agression contre une femme enceinte un double délit ou homicide, contre elle-même et son fœtus, considéré de ce fait comme une personne. Les démocrates craignent que cette nouvelle loi, si elle est adoptée, octroie un statut juridique fédéral aux fœtus et aboutisse à annuler le droit à l’avortement. Le projet de loi doit à présent être soumis au vote du Sénat, lui aussi dominé par les républicains. » 1er mars (La Croix) Débat sur l’avortement en perspective en Pologne « Le
parti social-démocrate SLD, au pouvoir en Pologne, soumettra
fin mars au parlement un projet de loi afin de libéraliser
la très sévère législation
anti-avortement en vigueur dans le pays, a Journée de la femme : analyses et revendications des proIVG « Samedi 6 mars, une marche est
organisée dans les rues de la capitale, pour protester
contre les « attaques
généralisées contre les droits
sociaux, dont la population féminine est victime
», et contre la montée des intégrismes
« de tous bords qui veulent faire vaciller le droit
à l'IVG », alors que «
l'accès à une contraception adaptée
à la vie de chacune » n'est toujours «
pas effectif ». « Toutes ensembles ! »,
clament le Mouvement français pour le planning familial
(Mfpf), la Coordination des associations pour le droit à
l'avortement et à la contraception (Cadac) et le Collectif
national pour les droits des femmes. (...) Pour le Dr Cesbron, il ne
fait pas de doute que la persistance du nombre important d'IVG depuis
vingt ans (215 000 en 2000) résulte d'« une
contraception hormonale (qui) n'est pas bien acceptée
». « Les femmes qui demandent une IVG ont souvent
eu recours à la contraception de l'adolescence jusqu'au
premier enfant, puis elles l'ont abandonnée. Si elles ne la
reprennent pas, c'est en raison d'une méconnaissance de la
physiologie sexuelle, et aussi d'un obstacle psychologique, une
ambiguïté par rapport au désir de
grossesse ». Au lieu de laisser se multiplier les
réponses médicales face à un oubli de
pilule, le gynécologue-obstétricien
suggère aux pouvoirs publics de développer un
dispositif d'information sur la physiologie sexuelle, à
l'école comme en famille. Vaste programme, quand on sait que
les hommes ont une « attitude très largement
irresponsable » et disent : « La contraception
ça ne me regarde pas », comme le souligne une
étude Inserm consacrée aux grossesses
interrompues, non prévues ou évitées
(Gine, octobre 2000). Il est vrai, comme le précisent la
Cadac et le Planning, que les trois séances d'information
sur la sexualité et la contraception prévues dans
les écoles, du primaire à la terminale, par la
loi du 4 juillet 2001, « ne sont pas organisées,
en dépit d'une circulaire de janvier 2003, faute de moyens
». « Il y a une absence de volonté et
une méconnaissance de la situation »,
déclare au « Quotidien »
Françoise Laurant, présidente du Mfpf. De
même y a-t-il très peu d'informations sur la
pilule du lendemain (Norlevo), dont la délivrance gratuite
aux mineures serait « ralentie par l'idéologie de
certains pharmaciens », à en croire Maya Surduts,
responsable de la Cadac. Statut du fœtus La Cour de cassation
relance le débat Encore un bébé abandonné, cette fois à la porte des carmélites « (…) C’est seulement quelques instants plus tard que les religieuses ont entendu des vagissements et découvert un nourrisson au milieu du ballot : un nouveau-né confié à des religieuses comme au temps de saint Vincent de Paul. (…) Le bébé, un garçon, a d’abord été confié au centre hospitalier, où le pédiatre a constaté qu’il n’était âgé que de vingt-quatre heures. Dès lors, la loi exigeait qu’on lui donne rapidement une identité, responsabilité revenant de plein droit au maire de Saint-Martin-Boulogne, Alain Oguer, en sa qualité d’officier d’état civil. « Je ne m’attendais pas à cette responsabilité, commente aujourd’hui ce dernier, mais je n’ai pas hésité à lui donner pour nom celui de la commune où il a été déposé : Martin. J’ai demandé ensuite aux sœurs de choisir ses prénoms. Elles ont opté pour François et Pierre ». C’est ainsi que le petit François a fait son entrée dans la société (…). Sa mère inconnue dispose désormais de deux mois pour se manifester et obtenir éventuellement la garde de son enfant. Passé ce délai, le bébé sera confié à la Ddass. Mais, déjà, la mairie et les services sociaux ont reçu de nombreuses demandes d’adoption (…). A terme, l’enfant pourrait alors recevoir de ses parents une nouvelle identité. » 11 mars (Le Figaro)
« « Il faut transgresser pour avancer. » A l’hôpital Broussais, comme à l’hôpital Bichat, à Paris, les gynécologues et le personnel hospitalier attendent depuis bientôt deux ans la signature d’un décret d’application de la loi votée le 3 mai 2002, qui autorisera les femmes à avorter chez elles, avec des comprimés délivrés par la pharmacie, sur ordonnance de leur gynécologue. Alors « pour la tranquillité des femmes », ces hôpitaux ont décidé de devancer la signature. « L’IVG médicamenteuse à domicile est une demande des patientes », affirme Christiane Derandréassian, infirmière à Broussais et spécialiste de l’IVG. « D’une part, personne ne touche à leur intimité dans un moment difficile, d’autre part, cela leur évite une attente pénible, qui peut être une torture quand la décision d’avorter est prise », explique-t-elle. « Il arrive que des patientes, parce qu’il n’y a pas d’hospitalisation possible avant un mois, dépassent le délai autorisé, et soient obligées d’avoir recours à la méthode par aspiration. C’est bien de la torture ! », s’insurge-t-elle. (…) 75% des IVG pratiquées à l’hôpital Broussais sont médicamenteuses. » 17 mars (20 minutes)
« Une jeune Suédoise âgée de 18 ans est morte, vidée de son sang, après avoir ingéré une pilule abortive prescrite à l'hôpital, ont indiqué vendredi les autorités. La jeune femme, dont le nom n'a pas été communiqué, en était à sa septième semaine de grossesse quand elle a demandé à avorter à son hôpital local, dans l'Ouest de la Suède. Elle s'y est vu prescrire la pilule abortive Mifegyne, et a ensuite été placée en observation pendant huit heures, avant d'être renvoyée chez elle, avec instruction de contacter les médecins en cas d'hémorragie trop importante. Deux jours plus tard, une infirmière a essayé de la joindre pour prendre de ses nouvelles, sans succès. Six jours plus tard, la jeune femme était retrouvée morte à son domicile. L'hémorragie causée par la pilule abortive a été déclarée cause officielle de son décès. Les autorités de la santé suédoises ont conclu que les procédures avaient été respectées."De ce que nous pouvons voir, toutes les règles ont été suivies, et la jeune fille s'est vu donner le bon dosage", a indiqué à l'AFP Ingemar Persson, expert à l'Agence suédoise des médicaments. "C'est la première fois que cela arrive en Suède", a noté Karin Goeden, porte-parole de l'agence. Quelques cas de décès similaires ont été rapportés aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. »12 mars (AFP) Les premiers embryons humains obtenus après congélation d’ovules
Le Planning Familial critique la préface du livre d’I. de Mézerac par J.-F. Mattei « Le Mouvement français
pour le planning familial (MFPF) a critiqué mercredi le
ministre de la Santé Jean-François Mattei,
jugeant qu'il n'avait pas respecté son devoir de
réserve en signant la préface d'un ouvrage qui
dénonce l'euthanasie fœtale. (…) "Vous
êtes actuellement ministre
délégué à la
Santé et vos écrits ou paroles ont une
portée nationale. Vous êtes censé nous
représenter toutes et tous, et surtout rappeler la loi sans
équivoque", écrit le MFPF dans un
communiqué à Jean-François Mattei.
"Nous voyons mal dans ces conditions comment vous pouvez continuer
à gérer la santé publique", poursuit
le communiqué. "Vous exprimez clairement que la vie doit
être protégée de sa conception
à son terme naturel, vous parlez 'd'euthanasie
fœtale’ comme la pire des solutions." IVG : manifestations sous tension « Des militants pro-avortement de la CNT (anarcho-syndicaliste) ont manifesté samedi à Paris, alors que se tenait parallèlement un rassemblement de militants anti-IVG (…) Les manifestants qui se faisaient face, séparés par la police, (…) se sont dispersés peu après 16H30 sans incident. Ce rassemblement s'est tenu non loin du siège du Mouvement français du planning familial (MFPF), rue Vivienne, où l'association "SOS Tout-Petits" a l'habitude d'organiser ses manifestations. Les militants de cette association anti-IVG, porteurs d'une banderole avec ces mots: "Planning familial, le bras armé de la culture de mort" et parmi lesquels son Président Xavier Dor, ont entonné des cantiques religieux et des "Je vous salue Marie". Les manifestants de la CNT (Confédération nationale du travail), de la FA (Fédération anarchiste) et du Scalp (section carrément anti-Le Pen) qui leur faisaient face, porteurs de banderoles avec les inscriptions "mon corps m'appartient" et "sabrez le goupillon", chantaient l'Internationale. "Le droit à l'avortement est menacé" mais "l'IVG est un droit acquis, nous ne laisserons pas remettre en cause tous ces acquis par ces fous de dieu", a écrit la CNT dans un tract distribué aux passants. » 20 mars (AFP) Avortement
: l’Espagne veut assouplir sa loi et la Tchéquie
ne durcit pas la sienne « Les députés tchèques ont rejeté mardi par 134 voix sur 170 présents un projet de loi se proposant de limiter de manière très stricte les interruptions volontaires de grossesse (IVG), a indiqué le Parlement. Aux termes de ce projet, l'avortement aurait été uniquement légal lorsque la vie de la femme enceinte aurait été en danger ou lorsque la grossesse aurait été la conséquence d'un viol. (…) L'IVG est légale en République tchèque, aux termes d'une loi en vigueur depuis 1986. L'IVG y est pratiquée à la demande de la femme avant la 12e semaine de grossesse.(…) » 30 mars (AFP) France : l’embryon « chose inestimable » selon un tribunal administratif « Le
tribunal administratif d'Amiens a rendu dernièrement un
jugement relatif au statut de l'embryon, qualifiant ce dernier de
"chose inestimable" mais pas de personne, une première en
matière de justice. Cette décision intervient
suite à la demande d'un couple qui avait
bénéficié de la fécondation
in vitro au CHU d'Amiens. Cette méthode de
procréation leur avait permis d'obtenir 12 embryons viables,
trois avaient été implantés pour
donner naissance à des jumelles et les autres
congelés. Suite à une défaillance
technique du congélateur dans lequel ils étaient
contenus, les neuf embryons restants ont été
détruits. De fait, le couple a assigné
l'hôpital en justice pour demander réparation.
Au-delà de la responsabilité de
l'établissement, la justice a eu à
répondre du statut juridique de l'embryon
congelé. Elle a ainsi décidé que les
époux avaient subi un préjudice
matériel pour la perte de ses embryons. "Le tribunal
administratif a estimé que l'embryon congelé
était une chose qui n'a pas de valeur, inestimable donc,
mais dont la privation pouvait donner lieu à une
compensation", précise Xavier Labbée, avocat de
la famille, qui juge quant à lui que l'embryon est une chose
"sacrée". A ce titre, le tribunal a accordé au
couple une compensation de 10 000 euros pour "préjudices
toutes causes confondues". » Un obstétricien condamné pour la mort d’un nouveau-né « Un gynécologue obstétricien a été condamné (…) par le tribunal correctionnel de Vesoul (Haute Saône) à un an de prison avec sursis et dix d’interdiction d’exercer. (Il) a été reconnu coupable d’ "homicide involontaire par maladresse, négligence, manquement à la sécurité et à la prudence", dans l’accouchement d’un enfant, mort 4 jours après sa naissance. » 20 mars (Le Monde) Attentats de Madrid : une victime officielle est un enfant non-né « Nouveau bilan des attentats de Madrid. Les attentats terroristes du 11 mars à Madrid ont fait 190 morts et 1918 blessés, dont 124 encore hospitalisés, a précisé hier la direction de la Santé de la Communauté autonome de Madrid. Parmi les 190 victimes, le ministère comptabilise un "fœtus" de 7 mois identifié par le seul nom de sa mère, elle aussi morte dans l’attentat. » 26 mars (Le Figaro) Etats-Unis : le Sénat reconnaît l’existence juridique du fœtus « (…) Si un crime est
commis contre une femme enceinte, le responsable sera poursuivi pour un
double délit ou homicide, contre la femme et le
fœtus. (…) Le projet va maintenant être
soumis au président George W. Bush. La Maison-Blanche a
d’ores et déjà apporté son
soutien au texte intitulé « Loi sur les victimes
d’actes de violence non encore nées ».
Les démocrates, qui s’opposent à ce
texte dénoncent une « stratégie
concertée pour affaiblir » la loi de 1973
autorisant l’avortement. »
Belgique : l’interdiction des mères porteuses en débat « « Si l’on
peut comprendre la douleur d’une femme qui ne peut avoir un
enfant, il est difficile d’admettre qu’elle puisse
pour autant revendiquer « un droit à
l’enfant » dans une mesure telle qu’elle
en arrive à louer – même à
titre gratuit – le ventre d’une autre femme pour
obtenir ce qui ne sera jamais, pour elle, qu’un substitut de
maternité. » Telle est l’opinion du
sénateur Philippe Mahoux (PS), auteur d’une
proposition de loi qui reviendrait à interdire toute forme
de « maternité pour autrui »,
qu’elle soit assumée par une mère
porteuse ou par une mère de substitution. (…)
« C’est un domaine où même les
exceptions m’apparaissent contraires à
l’éthique, (…). Pour
généreuse qu’elle puisse
apparaître, l’idée de «
maternité pour autrui » pose un
problème moral dès lors qu’elle repose
sur une double réification : celle de la mère
porteuse et celle de l’enfant. » La
dignité de la personne dit-il, impose un respect tout
particulier qui s’oppose à toute forme
d’utilisation : « Or, la femme qui porte
l’enfant, en accouche puis le remet au couple «
commanditaire » apparaît ne plus agir comme une
personne mais comme une machine à fabriquer des enfants : un
« outil de production » qui met sa
capacité gestationnelle au service d’autrui.
» Il lui apparaît de la même
manière qu’ « en devenant
mère porteuse, non seulement la femme agit en outil mais
elle transforme en plus l’enfant qu’elle porte en
une chose due en vertu d’un contrat. Ce faisant,
(…) elle transgresse ainsi la règle qui veut,
depuis l’abolition de l’esclavage, qu’on
ne puisse plus ni vendre, ni donner des personnes parce
qu’elles sont des sujets et non des objets de droit.
» Les partisans de « la maternité pour
autrui » évoquent d’autres arguments :
son interdiction, par exemple, battrait en brèche le
principe selon lequel les gens peuvent disposer librement de leur
corps. Pour d’autres, la situation d’un enfant
porté pour un tiers serait finalement comparable
à celle d’un enfant confié à
l’adoption. Ce que réfute Philippe Mahoux :
« L’adoption, dit-il, apporte une solution
à un problème préexistant. La
« maternité pour autrui » provoque
d’abord le problème pour prétendre
ensuite lui apporter une solution. » » source : www.30anscasuffit.com - le site |