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Témoignages de
grossesses menées à terme

« Carole, 33 ans, institutrice dans le Val d’Oise, maman d’Adrienne, 16 ans, et de Mathias, 13 ans : « J’ai rencontré mon futur mari, François, quand j’avais 15 ans. Nous sommes toujours ensemble. A 17 ans, je suis tombée enceinte. Lui voulait des enfants depuis toujours. Moi, je n’aimais pas ça. Mais quand c’est arrivé, je l’ai accepté comme une fusion de l’amour. Il n’a jamais été question d’IVG. (…)
A trois mois de grossesse, j’ai attendu que ma grand-mère soit à la maison pour l’annoncer à ma mère, qui m’a eue à 17 ans. Elle pensait que j’avais fait la même erreur et voulait que je me fasse avorter. J’ai refusé.
Quand Adrienne est née, avec François, on a tout stoppé, sorties et autres. On se suffisait l’un à l’autre. Avant, j’avais une vie assez morose et je n’en attendais pas grand-chose. Adrienne m’a donné une raison de vivre.
J’ai eu mon deuxième enfant, Mathias, à 19 ans. Six mois plus tard, j’ai repris mes études… Ce sont mes enfants qui m’ont donné envie de m’y remettre.
Aujourd’hui, Adrienne a seize ans. J’ai, avec elle, les rapports excellents que je n’ai pas eus avec ma mère. Et, quand ses copines ont peur d’être enceintes, c’est moi qui les aide. Elles sont trop mal informées. Moi, personne ne m’avait aidée non plus. (…) »
France Soir, « une fusion de l’amour »


Blandine avait trente-cinq ans quand elle s’est retrouvée enceinte de Claude. « Quand on me l’a annoncé, j’ai éclaté de rire. Enceinte, moi ? Impossible ! Médicalement incorrect : les médecins avaient été formels, j’avais un problème de trompes (…) ». La grossesse confirmée, Blandine doit décider vite car les délais pour l’IVG sont presque atteints. « Tout étais contre moi. Je vivais seule, je venais d’être licenciée de mon travail, mes parents habitaient à l’étranger et je menais une vie déréglée : sorties, copains, nuits blanches… C’est d’ailleurs au cours d’une nuit torride et particulièrement arrosée que Claude a été conçu. Et bien, j’ai fait le choix déraisonnable ! » Du coup, elle se retrouve dans une situation embarrassante. (…) En mettant fin à l’angoisse de la stérilité, cette grossesse impromptue termine aussi un rythme de vie échevelé et destructeur. « Je sentais que Claude allait donner un sens à ma vie. Je n’ai pas été déçue. » (…) « Aujourd’hui, je réalise que j’ai fait quelque chose de fou ! Mais ça m’a donné l’énergie de me battre. J’ai trouvé un travail à mi-temps, je mène une vie structurée, même si je continue à sortir de temps en temps, et mes voisines m’aident pour garder Claude. Au lieu de végéter dans mon coin, j’ai recréé une vie communautaire. »
Questions de Femmes


« Je voulais un enfant depuis l’âge de 14 ans. J’ai rencontré Christophe à l’hôpital. Il était là pour la même raison que moi : une tentative de suicide. On a fait l’amour et je suis tombée enceinte à 17 ans. Quand je l’ai su, je me suis demandé un quart de seconde comment j’allais assumer ce bébé, mais j’étais folle de joie. Lui m’a dit : « Bon, on va se débrouiller. » Puis, il a flippé. Sa mère et lui m’ont demandé d’avorter. Pas question. Moi qui n’avais plus envie de vivre, je me suis mise à péter la forme du jour au lendemain. Mon fils Eric m’a donné la foi pour m’accrocher et reprendre les études. Ce que je ne supporte plus, c’est le regard des passants dans la rue. On vit dans une société qui n’accepte pas les différences, comme si on n’avait pas le droit de donner la vie sous prétexte qu’on est jeune. Moi, je sui fière d’avoir un enfant (…) »
Nouvel Observateur, Lorianne - 18 ans


« Quand j’ai annoncé à ma petite sœur que j’attendais un enfant, elle m’a répondu : « Une gamine de 16 ans, ça peut pas avoir de bébé. » Moi non plus, je n’y croyais pas, jusqu’au jour où j’ai senti quelque chose bouger dans mon ventre. J’ai découvert que j’étais enceinte de cinq mois. Je n’ai rien vu venir, parce que j’avais encore des saignements. J’avais fait l’amour une seule fois sans précaution. Le plus dur a été d’en parler à ma mère, j’avais l’impression de la trahir. Mon copain m’a quittée. J’ai dû assumer seule, mais je me sentais forte. Avant, je ne m’aimais pas, je ne me trouvais pas jolie. Aujourd’hui, je sais pourquoi je suis là. J’ai repris les cours par correspondance, j’ai rencontré un homme un mois après la naissance de mon fils, c’est le père idéal. C’est incroyable le chemin que j’ai parcouru (…). »
Nouvel Observateur, Amélie -16 ans

source : www.30anscasuffit.com - le site